Comment le drive s'est développé avec la crise sanitaire

Avec la limitation des déplacements liée à la crise sanitaire, le drive est devenu une véritable alternative à la visite sur place des différents commerces. Gain de temps et limitation des contacts physiques sont quelques uns des avantages qui ont poussé bon nombre de français à sauter le pas. De plus en plus d’entreprises, y compris locales, se sont donc mises à proposer un service de drive et de livraison à domicile. Mais toutes ne rencontrent pas le même succès. Cet article présente les grands gagnants de l’expansion du drive, et ceux qui rencontrent actuellement une perte de vitesse.

Le drive piéton, une nouveauté qui séduit

En plus du drive traditionnel, les grands distributeurs proposent désormais des points de retrait spécialement prévus pour les commandes faites en ligne. Ces points de retrait, d'une taille allant de 60 à 200 mètres carrés, sont placés à proximité des habitations, à quelques minutes de chez eux.

L’objectif est de permettre aux consommateurs de retirer leurs courses facilement en allant directement au point de retrait à pied. Puisque ces mini entrepôts nécessitent un coût d’entretien et de mise en service plus faible que les grands hypermarchés, les prix sont en conséquence beaucoup plus abordables : -30% en moyenne par rapport aux grands magasins.

Les habitudes de consommation révèlent que les utilisateurs du drive piéton s’en servent comme d’un complément pour leurs courses, qu’ils sollicitent pour s’approvisionner régulièrement. Un choix logique, puisque la voiture n’est pas là pour transporter le caddie.

Le budget moyen d’une commande passée en point retrait est ainsi de 45 euros, contre 140 pour l’achat de courses traditionnelles. En contrepartie, ses clients passent plus fréquemment, parfois plusieurs fois par semaine. Les jeunes sont tous particulièrement attirés par cette méthode, qui en font même parfois leur service d’approvisionnement principal.

Bien que le drive piéton soit encore un marché émergent, son expansion est impressionnante. Avec une croissance de 179% lors du premier confinement, et de plus de 100% lors du deuxième, le drive piéton est le secteur du click and collect le plus dynamique en France. Pour l'enseigne Leclerc, qui avait mis en place 58 points de retrait en 2020, l’objectif est de passer à plus de 100 en 2021 et à 200 en 2024.

Les magasins de centre ville, les perdants de l’expansion du drive

Franprix, Carrefour City, Monoprix : toutes ces enseignes partagent en commun une réputation de proximité avec leurs clients. Mais l’expansion du drive est loin d’être aussi flagrante chez eux. L’arrivée du drive piéton remet en cause leur accessibilité et leurs prix jusqu'ici compétitifs. Preuve de cette perte de vitesse, la performance d’un magasin de centre ville diminue de 6 points lorsqu'un point de retrait se situe à proximité.

En plus des services de livraison à domicile, les magasins de proximité voient donc arriver un nouveau concurrent, qui dispose des mêmes avantages qu’eux sans les inconvénients.

Le drive-in, la solution pour les grandes enseignes de restauration

Ce n’est un secret pour personne, la crise sanitaire a fait beaucoup de mal aux restaurants. Du côté des enseignes, le moyen de continuer l’activité s’est trouvé dans le drive-in, et la méthode a rencontré un franc succès.

Bien évidemment, la plupart des fast-foods avaient déjà avant la crise des services de drive-in. Retirer son menu sans avoir à sortir de sa voiture est possible depuis plusieurs années chez McDonalds, Burger King ou KFC. Mais le drive-in est désormais la norme pour commander un plat. Ce sont près de 80% des clients qui utilisent désormais le drive-in pour commander en fast-food, et ce phénomène devrait perdurer même après la crise.

Ce service est cependant loin de sauver tout le secteur. Pour les restaurateurs, qui disposent d’un effectif beaucoup plus réduit et d’un temps de préparation des plats beaucoup plus long, la mise à disposition de plats à emporter est loin d’être aussi efficace sur le plan économique que le drive-in. C’est donc une perte d’environ 50% qui touche les restaurateurs, malgré les services de livraison proposés.

Moins de temps passé pour plus d’achats

Le drive est donc une solution efficace pour gagner du temps sur l’achat des courses. Plus le drive est sollicité par les clients, moins il y a de trafic : c’est le constat observé par les commerçants, qui est néanmoins compensé par la montée du panier moyen. Entre 2019 et 2020, son montant a augmenté de près de 15%. Ce changement de comportement s’explique notamment par une montée de l’épargne des français, et donc du budget disponible, ainsi que par un surplus d’achat pour se préparer aux confinements successifs. En définitive, les achats effectués sur le drive permettent aux enseignes une plus grande conversion d’achat
Un autre effet de la crise sanitaire sur le drive est la montée de l’âge moyen de ses utilisateurs. Pour éviter de rentrer en contact avec un grand nombre de personnes, les personnes de plus de 50 ans, jusqu' ici réticentes à l’idée de digitaliser leurs achats, se sont mis à utiliser ces services. Le drive n’est ainsi plus un service marginalisé, mais qui s’est étendu à l’ensemble de la population, et dont le développement ne va pas s’arrêter avec les restrictions de déplacement.
SI le drive n’a pas forcément séduit tout le monde, il s’est fait une place dans les habitudes de consommation, une place qui n’est pas prête de s’enlever. Dans leur objectif de digitaliser encore plus leurs offres, les grandes enseignes continuent d’ajouter de nouveaux services, et d’améliorer les expériences des utilisateurs.

Comment le drive s'est développé avec la crise sanitaire

Avec la limitation des déplacements liée à la crise sanitaire, le drive est devenu une véritable alternative aux supermarchés traditionnels.

E. Leclerc Drive

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